Les grands salons

Le salon des peintures

Le salon des peintures est une antichambre, pièce de circulation qui précède le grand salon. Eclairée de l’extérieur par trois baies vitrées, il introduit progressivement le visiteur à l’intérieur des grands appartements. On suit d’un panneau à l’autre l’accrochage qui, selon la volonté d’Edouard André et de sa femme, fait alterner oeuvres décoratives, dessus de portes, compositions mythologiques, natures mortes, paysages et portraits.

Boucher, Chardin, Canaletto, Nattier sont les artistes prestigieux qui ont été rassemblés dans le salon des peintures. Ils accueillent ici le visiteur, comme ils accueillaient déjà, il y a plus de 100 ans, les hôtes de Monsieur et Madame André, faisant de ce premier salon, une extraordinaire galerie de peintures. Edouard André et Nélie Jacquemart avaient une passion pour la peinture du XVIIIe siècle que la grande bourgeoisie redécouvrait après l'avoir longtemps jugée trop frivole. 

Le grand salon

Après avoir attendu dans le salon des peintures, les invités découvraient ce grand salon, pièce de réception par excellence. C’est là qu’Edouard André accueillait ses invités. Lors de réceptions très importantes, il pouvait faire disparaitre les cloisons latérales au moyen de vérins hydrauliques pour réunir le salon des peintures, le grand salon et le salon de musique adjacent en un seul espace. Edouard André et Nélie Jacquemart pouvaient y recevoir un millier d'invités lors de fêtes somptueuses auxquelles se pressait le tout Paris de l'époque.

Ce salon se distingue des autres pièces par son plan semi-circulaire qui rappelle la préférence du XVIIIe siècle pour la courbe au détriment de la ligne droite. Sa décoration mêle des éléments du XVIIIe siècle à des éléments réalisés au moment de la construction de l’hôtel. Ainsi est composé un ensemble très harmonieux, typique de l'art décoratif qui se met en place à cette époque et fait coexister meubles, objets anciens et copies de style : c'est ce que l'on appelle l'éclectisme.

Pas de peintures ici mais une belle collection de bustes en marbre du XVIIIe siècle créant une galerie de sculptures. Les traits de personnages illustres y sont reconnaissables : des hommes politiques mais aussi des artistes célèbres taillés par des sculpteurs de talent : Coysevox, Lemoyne, Houdon et Michel Ange Slodtz.

Le salon de musique

Le salon de musique est l'autre grande pièce de réception. Ce salon est typique du Second Empire avec ses murs tendus de rouge et ses meubles en bois foncé. Les peintures qui ornent la pièce ont souvent changé, en fonction de l’accroissement de la collection. Elles nous ramènent au XVIIIe siècle français avec des oeuvres d'Hubert Robert, de Fragonard ou encore des portraits de Perronneau.

La peinture du plafond est signée par un des peintres décorateurs les plus recherchés de l'époque, Pierre-Victor Galland. Il a représenté un Apollon protecteur des arts. Ainsi, le dieu des Arts et de la Musique préside aux destinées de cette maison.

La salle à manger

L’importance de cette salle dans la vie quotidienne de l’hôtel particulier se mesure à l’ampleur de ses dimensions et à la qualité de son décor. Sur le pourtour, une série de consoles Louis XV en bois sculpté et dorés servent de dessertes, tandis que le buste de Madame trône sur le manteau de cheminée. Au-dessus, cinq tapisseries de la tenture d’Achille, tissées à Bruxelles au XVIIIe siècle, racontent les aventures du héros de la Guerre de Troie. La fraicheur de leur coloris est remarquable.

L’élément le plus surprenant est la fresque installée au plafond : œuvre de Giambattista Tiepolo, elle provient, comme celle de l’escalier, de la Villa Contarini à Mira. Malgré son sujet, la Renommée annonçant dans les airs la visite d’Henri III, les effets de trompe l’œil, les personnages accoudés, le singe dont la queue pend par-dessus la voussure, lui confèrent un air de comédie. Le peintre lui-même semble s’être figuré et se penche par-dessus la balustrade pour saluer le visiteur.