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"La Liseuse" de Toulouse-Lautrec

Article publié le 9 Mars 2017

1889, peinture à l'essence sur carton, 68 x 61 cm
© Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital 

Cette jeune femme absorbée dans sa lecture était une voisine de Toulouse-Lautrec, du temps où le peintre habitait Montmartre. Lorsqu’elle atteignit l’âge adulte, le peintre la choisit comme modèle à plusieurs reprises.

S’il appréciait particulièrement son profil grec, Toulouse-Lautrec ose ici une composition audacieuse : influencé par les cadrages des estampes japonaises, il bascule légèrement le plan de la table vers l’avant, ajoutant plus de proximité et donc d'intimité autour de la jeune femme. Ce procédé était aussi employé par Degas, à qui Toulouse-Lautrec vouait une profonde admiration.

C'est là encore une oeuvre rare, sur un thème peu familier pour Toulouse Lautrec. Et c'est un portrait de femme, comme il en existe beaucoup dans la collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital.

Remarquez la puissante chevelure de la liseuse, pourtant sage dans sa chemise blanche virginale. Elle se détache sur un arrière-plan à peine suggéré, où se mêlent des touches légères de tons complémentaires : bleu et orangé, rose et vert. La peinture à l’essence, plus fluide que l’huile, offre au peintre une rapidité d’exécution propice à saisir des instants fugitifs, comme s’il avait aperçu cette silhouette à la dérobée. 
Cette œuvre est passée par la galerie de Paul Rosenberg ouverte au 21 rue La Boétie en 1910 et qui fut l'une des plus influentes de l'entre-deux-guerres. Réquisitionnée par les nazis, la galerie parisienne ferme ses portes en 1940 avant de s'implanter à New York. Cette œuvre est ensuite entrée dans 2 collections avant d'être acquise par Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital. 


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