Un couple de collectionneurs

Édouard André et Nélie Jacquemart

En pénétrant dans le Musée Jacquemart-André, vous franchissez le seuil d’une demeure de collectionneurs dont la vie entière a été consacrée à la passion de rassembler des objets d’art.

Héritier d’une famille de banquiers protestants, Édouard André met sa fortune au service de ses acquisitions d’œuvres d’art qu’il expose dans son nouvel hôtel du Boulevard Haussmann, achevé en 1875. Il épouse en 1881 une artiste de renom, Nélie Jacquemart.

Ce mariage sera décisif pour la création du musée, en effet Nélie Jacquemart adhère pleinement aux projets d’Édouard-André et préside d’une main ferme à la mise en place des collections.


L'histoire de la collection

La collection qu’Édouard André avait commencée dans les années 1860, comportait ce que l’on nommait à l’époque des « bimbelots », c’est-à-dire des pièces charmantes d’orfèvrerie, de joaillerie, de céramique, des miniatures et des tapisseries.

A cette époque, il avait acquis des peintures de son époque : paysages et scènes de genre peintes par Delacroix, par des peintres orientalistes et des paysagistes de l’école de Barbizon. On sait qu’il revendra cette partie de sa collection en 1887 au profit d’une oeuvre de bienfaisance. Mais il avait aussi des tableaux anciens qu’il conserva : le Portique venitien de Guardi par exemple, un portrait de Rembrandt ainsi que des peintures françaises du XVIIIe siècle.

Le couple s’absente souvent. Édouard et Nélie voyagent à travers l'Europe et surtout en Italie : voyages d'agrément ou séjours de cure, qui sont toujours l’occasion de visites dans les salles de vente et chez les antiquaires. Mais ils firent aussi plusieurs voyages au Proche-Orient : le Caire, Louksor et Assouan avec retour par Beyrouth, Constantinople et Athènes.

L'hôtel se meuble, la collection s'accroît. Leurs absences sont mises à profit pour faire exécuter à Paris des travaux d'aménagement et d'embellissement. Il faut, en effet, installer les oeuvres qu'Édouard et Nélie ne cessent d'acheter et pas seulement les peintures ou les sculptures que l'on déplace facilement. Il y a aussi les boiseries, les cheminées, les tapisseries, les fresques et les plafonds.