Peinture française

Une galerie en ruines

Hubert Robert
Paris, 1733 - Paris, 1808

1785, huile sur toile, 139 x 93 cm
Salon de musique

La célébrité d’Hubert Robert lui vient d’un genre appris en Italie auprès du peintre Piranèse : la ruine paysagère. Il figure ainsi les ruines grandioses d’une basilique à la voûte ornée de caissons et à colonnade corinthienne, servant d’étable à un troupeau. La lumière pénètre par le trou de la voûte effondrée. Au premier plan, une zone d’ombre, colline de décombres au sommet de laquelle se détache une vache, accentue l’effet de perspective. Les tonalités sont dans une gamme de bruns, de verts et de jaunes. Une brume bleutée apparaît par les ouvertures et on retrouve quelques accents de bleu dans les étoffes à droite. Lors de sa présentation au Salon de 1785, on pouvait lire : « ce tableau est d’une magie surprenante et la perspective y est supérieurement entendue ».

Ici, tout renvoie aux modèles italiens : la référence à l’antique avec son architecture colossale et le gout de l’anecdote avec la présence de ce troupeau de vaches conduit par des paysans remplaçant les dieux de la mythologie. Seuls la fracture dans la voute et le puits de lumière qu’elle provoque échappent à ce genre. Mais tout s’explique si l’on rappelle que ce tableau est l’illustration de la possibilité d’un éclairage zénithal de la grande galerie du Louvre, dont on veut, en cette fin de XVIIIe siècle, faire un musée. Cette peinture n’est donc pas seulement un caprice architectural.

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